« Journée de la femme » vue par Catherine Cabrol

Pour cette journée de la femme je ne voulais pas partir dans de grands discours idéologiques… Déjà parce que ça servirait à rien ici, et puis parce que je pense être une vraie féministe oui, mais je ne me reconnais pas vraiment avec les féministes de nos jours…

Je ne comprends pas trop ces femmes qui se sentent insulter quand un homme va payer leur café ou leur tient la porte… Moi j’aime plutôt ça en fait… Et je ne me sens pas plus insulter quand je paye le café ou quand on m’aide à soulever ma valise dans le train… Bref… Égalité oui, suprématie non.

Pour cette journée qui rend avant tout hommage à la lutte des femmes, dans leurs droits, leurs quotidiens, etc… Je vais vous parler d’une photographe Catherine Cabrol. Elle a réalisé tout un projet sur le thème de « Blessures de femme » et ça donne une très jolie série de portrait noir&blanc, avec bien sûr le témoignage de ces femmes…

Isabelle, 41 ans, française
De 6 à 9 ans, mon père a commis l’inceste avec moi, dans le plus grand silence, puisqu’il m’a demandé de me taire et de ne rien dire à ma mère.

Lydie, 22 ans, congolaise
J’avais 9 ans la première fois que j’ai été violée, c’était des rebelles…

Isabelle, 43 ans, française
Entre 13 ans et 22 ans, j’ai subi les violences sexuelles de mon entraîneur de tennis, des attouchements d’abord, puis des viols avec pénétrations sur des aires d’autoroute, dans des lieux sordides…

Diaryatou, 21 ans, guinéenne
Mon mari est parti en Afrique en me laissant 100 euros, de quoi tenir pendant ses deux mois d’absence. Avec ça, je me nourris de pain trempé dans du lait plusieurs fois par jour. Je ne me lave plus. À quoi ça sert de se laver ? Je ne vois plus l’importance de m’habiller, de toute façon je n’ai pas de vêtements, ce que je porte sur moi, c’est tout ce que je possède.

Chahrazad, 22 ans, marocaine
À 18 ans, j’ai été brûlée vive parce que j’ai dit non à un homme qui voulait m’épouser.

Émilie, 28 ans, française
Elle était deux personnes différentes : la maman aimante et la maman violente. Pour me protéger, j’étais obligée de me réfugier dans le mensonge, de ne pas me confier, c’était un cercle vicieux, dès que je réagissais, je recevais encore plus de coups. L’alcool, les cachets, la drogue et la solitude ont provoqué sa violence.

Fatima, 23 ans, marocaine
J’étais exploitée vingt-quatre heures sur vingt-quatre, je faisais le ménage, la cuisine, le linge à la main, je n’avais jamais le droit de sortir, je dormais sans chauffage au grenier de la maison, je n’avais pas accès à la douche, seulement de l’eau froide, pas de shampoing. Une des filles m’appelait « la chienne » et disait aux autres qu’ils pouvaient me frapper.

Jana, 27 ans, bosnienne
Ils m’ont obligé à me prostituer pendant quatre mois, enfermée dans une chambre, ils organisaient les rendez-vous avec les clients, je devais avoir des rapports même pendant les règles.

Martha, 30 ans, colombienne
Quelques mois plus tard, il est venu me frapper à la sortie de mon travail. Deux hommes m’ont aidée et ont appelé la police. C’est là que j’ai porté plainte pour la première fois.

Aïchatou, 23 ans, mauritanienne
Je n’avais pas du tout l’image de comment c’était fait une femme excisée, la première fois que j’ai vu un gynéco, je l’ai entendu dire : « Ah, vous êtes excisée ! On vous a saccagé ! » J’avais dix-huit ans, je suis devenue folle ! Ma mère m’a avoué qu’on m’avait excisée à deux mois…

Fatiha, 52 ans, algérienne
Il m’a cassé le nez, j’ai reçu des coups de couteau dans le ventre à l’époque où j’étais sans papiers. Il était raciste avec les voisins et tout le monde nous faisait la gueule. Il y a un an, j’ai dit stop.

Stéphanie, 20 ans, française
J’ai vécu avec un homme qui a levé la main sur moi et sur mon fils.

Khady, 46 ans, sénégalaise
Trois personnes me tenaient : l’une la poitrine, deux autres les cuisses bien écartées… Une femme âgée a coupé mon clitoris avec une lame de rasoir, à vif ! Je pense que le cri que j’ai sorti ce jour-là, je ne l’ai plus jamais sorti. À l’âge de treize ans et demi, j’ai été mariée

Colombe, 45 ans, ivoirienne
Après un refus de ma part, sous la colère, j’ai été violée par mon mari, j’ai failli être étranglée, j’ai été obligée de m’enfuir par la fenêtre…

Nadège, 30 ans, française
De l’âge de 5 ans à l’âge de 12 ans, j’ai eu des rapports sexuels forcés de la part de mon père, j’ai subi l’inceste. J’étais trop petite pour comprendre et sept ans de terreur imposés par une personne en qui on devrait avoir confiance, ça détruit la vie.

Louisa, 47 ans, française
Il était très spécial, jaloux de moi, de ce que la femme peut représenter, de la personne qu’il aurait aimé être, il voulait décider de tout à ma place, il me frappait pour un rien…

Béatrice, 37 ans, française
La justice ne reconnaît pas la violence d’un homme sur une femme s’il n’y a pas eu viol. Dans un pays où l’on défend les droits des femmes, pourquoi ne pas m’entendre ?

Ghislaine et Véronique, 35 ans, françaises
Nous ne savons pas comment raconter notre terrible histoire qui nous a assassinées au plus profond de notre esprit, au plus près de notre corps, ce corps qu’on découvre quand on a 12 ans et qui a été souillé par cet être… Cet être, c’est notre père.

Chantal, 58 ans, française
Les années ont passé et un jour, il a levé la main sur moi et là, j’ai mis le mot violence conjugale sur ce qui se passait, là vous vous dites stop. J’ai pris la décision de le quitter. Quand j’ai trouvé un appartement, je me suis enfuie avec notre fils.

Marine, 20 ans, française
J’ai porté plainte pour violence conjugale et pour violence psychologique par rapport à mon passé : « N’oublie pas ce que tu étais avant ! » C’est le pire que j’ai pu entendre…

Alors pour cette journée de la femme… Moi je dis qu’on s’en fiche bien un peu de qui fait à manger, de si ton gosse il joue à la poupée ou aux voitures… Moi j’ai plutôt une pensée pour ces blessures de femme…

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10 réflexions sur “« Journée de la femme » vue par Catherine Cabrol

  1. Kvet dit :

    C’est plus la journée « des droits des » que la journee « de la ». Les femmes sont multiples, cis, lesb, blanches, noire, trans, jaunes, metis, voilees, pas voilees etc
    On peut etre feministe et mere au foyer, feministe et aimer se faire offrir le café…
    Cette journee rappelle qu’il y a encore bien des luttes plus qu’elle ne rend hommage.

    Sans parler des mecs qui se sentent obliger de la polluer(rien que « mettez du rouge »), ca me donne envie de vomir.
    C’est triste qu’ils ne sachent pas pour une fois nois respecter

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    • Didi dit :

      C’est juste qu’on oublie qu’être féministe ce n’est pas être « en force » ou « au dessus »… Mais ça n’empêche pas que dans la réalité, des hommes oublient qu’eux mêmes ne sont pas supérieurs…

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  2. fanfreluque dit :

    Wahh, dur de commenter après un article comme ça.
    Mon Zupercolok me dit que l’égalité on l’a mnt, et je pense qu’il a pas tort. Mais ca l’est pour une minorité de femme visible, les femmes éduquées, salariés, soutenues dans leur choix par leur famille. Et on oublie beaucoup celles pour qui la vie, c’est une lutte contre la domination masculine établie.

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